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Jacky Chriqui, enseignant à l’École Nationale Supérieur des Beaux Arts de Paris constitue un dossier pour créer un atelier de percussions dans l’enceinte de l’école. Son idée est de regrouper des étudiants, artistes peintres, plasticiens autour des instruments typiques de la batucada brésilienne afin que naisse un collectif pluridisciplinaire se réunissant, jouant dans la rue et « renouant avec le public dans les espaces publiques ». Son expérience musicale passée ne suffit pas pour diriger l’atelier, il passe une annonce à laquelle répond Mestre Thomas Sisqueilles.
Thomas est batteur-percussionniste. A l’époque, il déploie son art sur le char battant de la compagnie de la Dernière Minute (D. M.). Stéphane Jaglovski, camarade de longue date de Thomas, également percussionniste à la D.M. , le suit dans l’aventure. La Batucada ils connaissent, le Batucatrash de la D.M. fait alors des ravages dans les lieux alternatifs parisiens.
Les ateliers débutent en 1997 dans une des caves des Beaux-Arts. D’abord réservés aux élèves de l’ENSBA, ils s’ouvrent rapidement aux renforts extérieurs. Le collectif sort modestement pour jouer dans l’école, à l’occasion de vernissages de fêtes de diplômes. Assez proche d’Amnesty Internationale, le collectif défile lors de manifestations, notamment au Trocadero.
Réalisation du premier projet. Un étudiant de l’école, Alex Mensah, demande la participation sonore du collectif dans le cadre de son diplôme sur les évènements de Mai 68. Les musiciens lâchent leurs instruments pour scander les slogans phare de Mai 68 sur les rythmes des appels typiques de Samba.
Le groupe percutant commence à faire désordre dans l’école. Il prend un peu d’indépendance, se constitue en association en mars 1998, et en septembre 1998, prend son envol. Né à l’ENSBA, il prend comme nom ENS’BATUCADA et déménage de l’école pour être accueilli chez Les Mêmes. Ce collectif regroupe des compagnies de spectacle vivant dont la Dernière Minute [ http://www.la-dm.com ], KMK [ http://www.cie-kmk.org ] , DGI, et des vidéastes (Akeway), des chorégraphes, danseurs(euses) (Zig Zag) et se trouve depuis un an sous convention avec l’Hôpital Charles Foix d’Ivry sur Seine.
Le Groupe Hospitalier, spécialisé en gériatrie, héberge les Mêmes dans l’ancienne blanchisserie, abandonnée depuis des années, en échange d’actions ponctuelles et à plus long terme auprès des malades. Le défi est de taille.
Des trente musiciens déménageant des Beaux Arts se créent deux groupes, Qui Tonne et Effet Non’Stop, dirigés respectivement par Thomas et Stéphane. Un troisième groupe accueille les nouveaux venus d’un peu partout pour nourrir ce vivier créatif. Ces deux groupes se produisent de plus en plus régullièrement lors de manifestations, de fêtes.
Tout en gardant une forte composante collective et pédagogique, l’activité artistique de la compagnie prend une véritable orientation « arts de la rue ». Commence alors une phase de professionnalisation où le répertoire musical se peaufine, l’équipe se solidifie, des débuts de créations de spectacles prennent formes.
Ens’Batucada intègre les Mêmes à part entière. Elle se doit de participer aux actions politiques et artistiques du collectif pour faire vivre la Blanchisserie. Dans le même temps, la compagnie fait un pas supplémentaire avec une première création de spectacle, Effet Non’Stop, lancée lors d’une tournée passant, entre autre, par les festivals Châlon dans la Rue et Éclats à Aurillac.
La compagnie poursuit son activité en travaillant la musique et la mise en espace. Les musiciens participent à différents stages et séances de travail (percussions corporelles, jeu d’acteur, etc.). Elle conçoit également des créations éphémères à l’occasion des portes ouvertes de la Blanchisserie : Valocheries en 2003, Clair-Obscur en 2004.
Effet Non’Stop remporte la première place au 1er concours de percussion du Cabaret Sauvage. L’année suivante, au même endroit, le spectacle Ô’Brigad fait sa première apparition. Ce spectacle va se jouer sur de nombreuses dates, notamment au festival de l’Oh, au festival des Arts Forains de Namur, Tumulte à Vigneux-sur-Seine.
La nouvelle création, O’Brigad abouti à une image et un imaginaire dynamique et graphique. Un aperçu en est donné aux 10e festival des Arts Forains de Namur. L’année est également l’occasion d’une collaboration étroite avec Anna Torrès, chanteuse brésilienne.
Pendant ce temps, les ateliers décollent et continuent l’ouvrage de leurs prédécesseurs : c’est eux que vous entendrez cet été, dans un coin d’Alsace à la fin du mois de juillet, alors qu’Effet Non’Stop prend des vacances sans musique, et réfléchit à son évolution.
Samblabla, spectacle prémices de K’Barré, remporte le 3e concours de percussions au Cabaret Sauvage.
La compagnie se restructure et entame deux créations en parallèle : un spectacle de rue, S’Uper-H’éros et K’Barré, spectacle musical frontal et sonorisé.